Le débardage en forêt va-t-ildevenir une réalité ?
samedi 26.09.2009, 04:52 - La Voix du Nord
À ce jour, près de 1200stères de bois ont été ramassés par des chevaux de trait en forêt de Mormal.
EXPÉRIMENTATION
Un chantier de débardage est mené à titre expérimental actuellement au coeur de la forêt de Mormal dans le cadre des contrats de forêt, partenariat entre l'ONF et le conseil général. À terme, le cheval de trait fera-t-il partie du paysage forestier ?
PAR ESTELLE BAILLIEUX
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Fabrice Desort, responsable du pôle Trait du Nord au parc Scarpe-Escaut - qui est à la tête d'un centre de valorisation du cheval de trait à Saint-Amand - ainsi que deux débardeurs de l'Aisne et du Pas-de-Calais, Ecosylva et Brigitte et Dominique Forêt - il n'en existe pas dans le Nord - a ainsi mené l'opération sur le terrain aux côtés de six chevaux de trait, des Traits du Nord et des Boulonnais, réputés pour leur robustesse. « On a défini deux voies sur lesquelles les tracteurs ont pu circuler, et autour desquelles le débusquage à cheval a pu s'opérer, précise Fabrice Desort.
L'intérêt est que l'on s'aperçoit d'une augmentation du rendement sans diminuer celui des bûcherons. Le travail du cheval est intéressant dans des conditions mauvaises. On optimise le cheval sans faire de dégâts sur l'exploitation », poursuit Fabrice Desort.
L'opération est menée dans d'autres massifs forestiers comme à Marchiennes par exemple. En forêt de Mormal, le chantier devrait s'interrompre en hiver pour reprendre par la suite puisqu'il reste 300 m³ de bois à débarder. « L'intérêt est double. En ce qui concerne la préservation de la race de trait et l'intérêt écologique », note Pascal Hossepied, chargé du service environnement au conseil général.
Quant à la suite donnée à cette expérimentation ? L'extrapoler aux abords des cours d'eau, peu faciles d'accès pour les engins, sur des zones humides, des zones de type Natura 2000, murmure-t-on. Car de là à généraliser cette expérience sur l'ensemble du massif... semble irréalisable vu sa densité. Un développement qui restera limité sans doute, question de coût aussi - les 16 euros par mètre sont supportés par le conseil général - à des missions de préservation. Ce qui en soit n'est déjà pas si mal. •